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Hugo - Les Rayons et les ombres - Regard jeté dans une mansarde - analyses

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Les Rayons et les ombres - Regard jeté dans une mansarde

L’Église est vaste et haute. À ses clochers superbes
L’ogive1 en fleur suspend ses trèfles
1 et ses gerbes1 ;
Son portail resplendit, de sa rose
1 pourvu ;
Le soir fait fourmiller sous la voussure
2 énorme
Anges, vierges, le ciel, l’enfer sombre et difforme,
Tout un monde effrayant comme un rêve entrevu.
Mais ce n’est pas l’Église, et ses voûtes sublimes,
Ses porches, ses vitraux, ses lueurs, ses abîmes,
Sa façade et ses tours, qui fascine
3 mes yeux ;
Non ; c’est, tout prés, dans l’ombre où l’âme aime à descendre
Cette chambre d’où sort un chant sonore et tendre,
Posée au bord d’un toit comme un oiseau joyeux.
Oui, l’édifice est beau, mais cette chambre est douce.
J’aime le chêne altier moins que le nid de mousse ;
J’aime le vent des prés plus que l’âpre ouragan ;
Mon cœur, quand il se perd vers les vagues béantes,
Préfère l’algue obscure aux falaises géantes,
Et l’heureuse hirondelle au splendide océan.



Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres, IV, 1, 1840.

Notes
1 Ogive, trèfle, gerbe, rose (rosace) : éléments d’architecture gothique.
2 Courbure.  
3 Fascine : s’accorde ici avec « l’Église » (v. 7).


   

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