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Rimbaud - Poésies 1870-1871 - Oraison du soir - analyse

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Synthèse : Le poème décrit une expérience sensorielle et émotionnelle complexe, oscillant entre l'ivresse et la mélancolie. Le locuteur, dans une posture évoquant une fragilité paradoxale, est saisi par des «rêves» qui provoquent des «douces brûlures». L'alternance entre l'euphorie et la tristesse est soulignée par des images contrastées, comme celle du «coeur triste» comparé à un «aubier». Après avoir consommé une quantité importante de boisson, le poète se livre à une activité physique, qu'il décrit avec une certaine solennité, la reliant à une forme d'élévation spirituelle. L'acte d'uriner devient alors une offrande, accomplie avec «l'assentiment des grands héliotropes», suggérant une communion avec la nature et une recherche d'apaisement.

Je vis assis, tel qu'un ange aux mains d'un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,
L'hypogastre et le col cambrés, une Gambier
Aux dents, sous l'air gonflé d'impalpables voilures.

Tels que les excréments chauds d'un vieux colombier,
Mille Rêves en moi font de douces brûlures :
Puis par instants mon coeur triste est comme un aubier
Qu'ensanglante l'or jeune et sombre des coulures.

Puis, quand j'ai ravalé mes rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,
Et me recueille, pour lâcher l'âcre besoin :

Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l'assentiment des grands héliotropes


   

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