L.S Senghor - Chants d'ombre - Nuit de SinĂ© - analyses ⇱

L.S Senghor - Chants d'ombre - Joal - analyses

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SynthĂšse : L’évocation nostalgique de Joal, village natal du poĂšte, constitue le cƓur de ce bref poĂšme. Les vers s’organisent autour d’une mĂ©moire vive, vibrant au rythme des souvenirs d’enfance et de jeunesse. L’auteur rappelle avec intensitĂ© les «signares aux yeux surrĂ©els», les fastes du «Couchant», les festins funĂšbres et les querelles animĂ©es. L’Ɠuvre mĂȘle inextricablement les traditions ancestrales, les chants paĂŻens et les cĂ©rĂ©monies religieuses, tĂ©moignant d’une culture syncrĂ©tique. L’exil en Europe, marquĂ© par un «jazz orphelin qui sanglote», rĂ©vĂšle l’éloignement et la mĂ©lancolie d’un homme hantĂ© par le souvenir de sa terre natale.

Joal !‹
Je me rappelle.‹
Je me rappelle les signares Ă  l’ombre verte des vĂ©randas‹
Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grÚve.

Je me rappelle les fastes du Couchant‹
OĂč Koumba NÂŽDofĂšne voulait faire tailler son manteau royal.

Je me rappelle les festins funÚbres fumant du sang des troupeaux égorgés

Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.‹
Je me rappelle les voix paĂŻennes rythmant le Tantum Ergo
‹Et les processions et les palmes et les arcs de triomphe.

Je me rappelle la danse des filles nubiles‹
Les choeurs de lutte – oh ! la danse finale des jeunes hommes, buste

PenchĂ© Ă©lancĂ©, et le pur cri dÂŽamour des femmes – Kor Siga !

Je me rappelle, je me rappelle

‹Ma tĂȘte rythmant‹
Quelle marche lasse le long des jours dÂŽEurope oĂč parfois
ApparaĂźt un jazz orphelin qui sanglote, sanglote, sanglote.

   

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