SynthĂšse : LâĂ©vocation nostalgique de Joal, village natal du poĂšte, constitue le cĆur de ce bref poĂšme. Les vers sâorganisent autour dâune mĂ©moire vive, vibrant au rythme des souvenirs dâenfance et de jeunesse. Lâauteur rappelle avec intensitĂ© les «signares aux yeux surrĂ©els», les fastes du «Couchant», les festins funĂšbres et les querelles animĂ©es. LâĆuvre mĂȘle inextricablement les traditions ancestrales, les chants paĂŻens et les cĂ©rĂ©monies religieuses, tĂ©moignant dâune culture syncrĂ©tique. Lâexil en Europe, marquĂ© par un «jazz orphelin qui sanglote», rĂ©vĂšle lâĂ©loignement et la mĂ©lancolie dâun homme hantĂ© par le souvenir de sa terre natale.
Joal !âš
Je me rappelle.âš
Je me rappelle les signares Ă lâombre verte des vĂ©randasâš
Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grÚve.
Je me rappelle les fastes du Couchantâš
OĂč Koumba NÂŽDofĂšne voulait faire tailler son manteau royal.
Je me rappelle les festins funÚbres fumant du sang des troupeaux égorgés
Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.âš
Je me rappelle les voix paĂŻennes rythmant le Tantum Ergo
âšEt les processions et les palmes et les arcs de triomphe.
Je me rappelle la danse des filles nubilesâš
Les choeurs de lutte â oh ! la danse finale des jeunes hommes, buste
PenchĂ© Ă©lancĂ©, et le pur cri dÂŽamour des femmes â Kor Siga !
Je me rappelle, je me rappelleâŠ
âšMa tĂȘte rythmantâš
Quelle marche lasse le long des jours dÂŽEurope oĂč parfois
ApparaĂźt un jazz orphelin qui sanglote, sanglote, sanglote.
Je me rappelle.âš
Je me rappelle les signares Ă lâombre verte des vĂ©randasâš
Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grÚve.
Je me rappelle les fastes du Couchantâš
OĂč Koumba NÂŽDofĂšne voulait faire tailler son manteau royal.
Je me rappelle les festins funÚbres fumant du sang des troupeaux égorgés
Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.âš
Je me rappelle les voix paĂŻennes rythmant le Tantum Ergo
âšEt les processions et les palmes et les arcs de triomphe.
Je me rappelle la danse des filles nubilesâš
Les choeurs de lutte â oh ! la danse finale des jeunes hommes, buste
PenchĂ© Ă©lancĂ©, et le pur cri dÂŽamour des femmes â Kor Siga !
Je me rappelle, je me rappelleâŠ
âšMa tĂȘte rythmantâš
Quelle marche lasse le long des jours dÂŽEurope oĂč parfois
ApparaĂźt un jazz orphelin qui sanglote, sanglote, sanglote.