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Baudelaire - Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Spleen (J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans)

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Baudelaire - Spleen et Idéal - Spleen LXXVI - analyses

Synthèse : Le poème «Spleen LXXVI» de Baudelaire, extrait des «Fleurs du mal», dresse un autoportrait saisissant de l’âme humaine, assimilée à un lieu funeste et décrépit. Le sujet lyrique se compare à un «gros meuble à tiroirs» recelant d’innombrables souvenirs et secrets, puis à une «pyramide», un «cimetière abhorré» où les remords s’attardent. L’évocation d’un «vieux boudoir plein de roses fanées» et de «modes surannées» souligne le sentiment de décrépitude et de perte. L’ennui, né de l’«incuriosité», prend des proportions quasi-éternelles. La dernière strophe métamorphose le sujet en un «granit» plongé dans un «Sahara brumeux», un «vieux sphinx ignoré» qui ne s’anime qu’au crépuscule, exprimant ainsi une mélancolie profonde et une conscience aiguë du temps qui passe.


J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.



Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,

De vers, de billets doux, de procès, de romances,

Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,

Cache moins de secrets que mon triste cerveau.

C’est une pyramide, un immense caveau,

Qui contient plus de morts que la fosse commune.

Je suis un cimetière abhorré de la lune,

Où comme des remords se traînent de longs vers

Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,

Où gît tout un fouillis de modes surannées,

Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher

Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.



Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,

Quand sous les lourds flocons des neigeuses années

L’ennui, fruit de la morne incuriosité

Prend les proportions de l’immortalité.

Désormais tu n’es plus, ô matière vivante !

Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,

Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux

Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,

Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche

Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

Baudelaire - Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Spleen LXXVI


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