Synthèse : Les portraits présents dans Le Misanthrope opèrent une mutation notable de la comédie, en fusionnant la satire et le théâtre, tout en sollicitant l'attention directe du public. Ces descriptions, inspirées des usages mondains, suspendent l'intrigue pour mettre en exergue la virtuosité verbale, tout en esquissant des caractères dignes de la tradition comique, comme l'avait déjà souligné Donneau de Visé. De Philinte à Célimène, en passant par Alceste, ces tableaux révèlent une galerie de personnages, dont les ridicules s'affirment par l'absence ou la présence, les affinités et les contrastes. L'apogée de cette esthétique se manifeste lorsque l'autoportrait, miroir de la misanthropie, de la jalousie et du désir d'authenticité, révèle les contradictions internes d'Alceste. Ces jeux de miroirs, qui culminent dans les portraits croisés de Célimène et d'Arsinoé, métamorphosent la pièce en une comédie à clés, où chaque protagoniste devient, à la fois, regardeur et regardé, le spectacle se muant en un véritable carnaval littéraire.
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