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Hugo - Les Contemplations - VI, 6 - Horror - analyse

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Hugo - Les Contemplations - VI, 6 - Horror

Depuis quatre mille ans que, courbé sous la haine,

Perçant sa tombe avec les débris de sa chaîne,


Fouillant le bas, creusant le haut,


Il cherche à s'évader à travers la nature,


L'esprit forçat n'a pas encor fait d'ouverture


A la voûte du ciel cachot.


Oui, le penseur en vain, dans ses essors funèbres,


Heurte son âme d'ombre au plafond de ténèbres;


Il tombe, il meurt; son temps est court;


Et nous n'entendons rien, dans la nuit qu'il nous lègue


Que ce que dit tout bas la création bègue


A l'oreille du tombeau sourd.


Nous sommes les passants, les foules et les races.


Nous sentons, frissonnants, des souffles sur nos faces.


Nous sommes le gouffre agité;


Nous sommes ce que l'air chasse au vent de son aile;


Nous sommes les flocons de la neige éternelle


Dans l'éternelle obscurité.


Pour qui luis-tu, Vénus? Où roules-tu, Saturne?


Ils vont: rien ne répond dans l'éther taciturne.


L'homme grelotte, seul et nu.


L'étendue aux flots noirs déborde, d'horreur pleine;


L'énigme a peur du mot; l'infini semble à peine


Pouvoir contenir l'inconnu.


Toujours la nuit! jamais l'azur! jamais l'aurore!


Nous marchons. Nous n'avons point fait un pas encore!


Nous rêvons ce qu'Adam rêva;


La création flotte et fuit, des vents battue;


Nous distinguons dans l'ombre une immense statue


Et nous lui disons: Jéhovah!


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