Synthèse : La lettre de Rousseau à Malesherbes, datée de 1762, s’inscrit dans un contexte de double éloignement : celui du philosophe, retiré à Montmorency, et celui qui le sépare de son correspondant. Ce texte, à la fois plaidoyer pour le bonheur et témoignage autobiographique, constitue une réponse aux accusations de misanthropie, opposant à celles-ci une vie idéale, nourrie par la nature et l’imagination. Rousseau y décrit une journée ponctuée d’exaltation lyrique et de méditation religieuse, tout en reconnaissant, par l’emploi de l’adverbe «cependant», les moments de «néant» qui viennent contrarier ses chimères.
Cette lettre, miroir de l’âme, révèle une intention de réhabilitation auprès de la postérité, voire de justification auprès de ses contemporains. Elle offre à Rousseau l’occasion de s’épancher avec sincérité, faisant de la lettre une forme d’autoportrait privilégiée, où l’expression personnelle et l’émotion sont sublimées par une prose poétique et une gradation du vocabulaire.
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