Cazotte - Le Diable amoureux - Résumé de l'oeuvre ⇢

Cazotte - Le Diable amoureux - présentation

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Synthèse : Le roman fantastique émerge en réaction à l'essor de la pensée rationnelle et athée des Lumières, offrant une échappatoire à la quête de sens post-religieuse. Cazotte, opposé aux Lumières et à la Révolution, crée le premier roman fantastique avec un récit basé sur le thème du succube, mêlant réalité et surnaturel pour captiver le lecteur. La fin abrupte déçoit, mais soulève des questions fondamentales sur la liberté humaine, la séduction du mal et la grâce divine, dissimulées dans une atmosphère fantastique. Cazotte explore la propension de l'homme au mal, s'opposant à Rousseau et Diderot en soulignant l'importance de maintenir une lumière intérieure pour faire des choix moraux. À travers les personnages d'Alvare et de Biondetta, le roman devient une allégorie du combat de l'humanité contre le péché et les idées matérialistes des Lumières, offrant une critique subtile des idées novatrices de son époque.

Le roman apparait après l’avènement des Lumières (1770), en plein essor d’une pensée rationnelle et athée. L’irrationnel prend alors plus d’importance, l’église s’est affaiblie maos de besoin de croire en quelque chose est resté. Le fantastique apparait donc comme un mouvement compensatoire. On cherche une autre lumière que la raison, les sectes et doctrines mystiques se développent. De nombreuses personnalités prônent l’hermétisme, l’occultisme et la cabale ainsi que le dépouillement de l’âme.
Cazotte s’oppose aux Lumières et à la Révolution, il finira exécuté. Il ne se destine pas à la littérature, il est juriste de formation et chargé de contrôler les finances en Martinique (il ne doit pas écrire pour vivre).
• Son livre est considéré comme le premier roman fantastique. Il se base sur le thème du succube (Biondetta),
un démon femelle incarnant la persistance du Mal, de la tentation. Cazotte se réapproprie le mythe à sa façon. Il place son récit dans le sud, réputé encore fort catholique. Son roman est plus une longue nouvelle qui suit un procédé simple : opposition entre la réalité du fantastique et l’incrédulité du héro. Cazotte tient l’auteur en haleine en faisant surgir le surnaturel de manière brutale et impromptue. La présence du fantastique n’est pas continue mais en dents de scie (fantastique-réalisme-fantastique) pour surprendre son lectorat.
• La fin du livre déçoit le lecteur par sac brutalité, l’effet fantastique est désamorcé.
• Signification idéologique fondamentale : le diable se présente à nous de façon séduisante, chaque fois qu’il
succombe, le héro (Alvare) à la possibilité d’arrêter ce qui soulève trois problèmes : quelles sont les limites de la liberté humaine (déterminisme ou libre arbitre), omniprésence de la séduction du mal et la question de la Grâce divine (l’homme peut-il se racheter par ses actions ou est-il perdu à jamais). Ces questions sont dissimulées au sein de l’atmosphère fantastique. Le lecteur se rappel sans cesse ce qu’Alvare oublie.
• Lecture morale : Cazotte s’interroge sur la propension de l’homme à choisir le mal ou non. La faiblesse humaine devant la tentation est au centre du récit. Pour l’auteur, la connaissance de ce qui est mal par l’éducation ne suffit pas, il faut aussi un instinct (lumière intérieure maintenue par la Foi). Cazotte s’oppose donc à Rousseau (homme naturellement bon mais perverti par la société) et Diderot (c’est l’éducation qui rend l’homme bon) puisqu’il croit que la vision du bien est déposée en nous à la naissance par Dieu et qu’il faut la maintenir pour faire ses choix.
• Lecture religieuse : Alvare représente l’humanité affaiblie par le péché originel (par la tentation personnifiée en femme. Sa mère est un symbole moral et religieux (vierge Marie). Le voyage du héro représente l’effort pour revenir au Bien et au Juste malgré les tentations du Diable. Biondetta est en fait la porte-parole des idées des Lumières : théorie matérialiste et déterministe, prépondérance des sciences et des nombres,... Le diable promet à Alvare la connaissance, un interdit pour la théologie traditionnelle.
Cazotte se sert donc de son livre comme une critique ouverte aux idées novatrices de son temps.

Source: F G

   

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