Synthèse : «Chêne et chien», sous-titré «roman en vers», constitue une œuvre singulière de Raymond Queneau, qui brouille les frontières génériques et revendique une poésie narrative puisant dans l'autobiographie. L'ouvrage, divisé en trois ensembles, explore l'enfance et la jeunesse du narrateur, une cure psychanalytique, et une «fête au village» finale. Le poète y convoque une mythologie personnelle, notamment à travers l'étymologie de son nom, et s'inspire de la psychanalyse pour sonder les profondeurs de l'inconscient.
L'œuvre se distingue par une écriture fragmentée et discontinue, mêlant alexandrins, hexamètres et versets à des éléments de langage familier et parodique. Queneau y déconstruit les codes narratifs traditionnels, notamment ceux du roman familial et de l'autobiographie, tout en manifestant une ambivalence fondatrice. Le recueil, à la fois roman et poème, se situe dans un espace intermédiaire où le burlesque dénonce l'inanité d'une littérature fondée sur le moi. L'auteur y met en scène la dualité de l'être, incarnée par les figures du «chêne» et du «chien», et interroge la guérison, tout en révélant une poésie du quotidien empreinte d'humour et de mélancolie.
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