⇠ Aragon - Le Roman inachevé - Strophes pour se souvenir - analyses

Aragon - Le Roman inachevé - Toute une nuit - analyses

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Aragon - Le Roman inachevé - Toute une nuit - analyse

Synthèse : Une nuit d'angoisse et de veille, Louis Aragon se retrouve plongé dans l'incertitude et la peur alors qu'il veille sa compagne malade, Elsa Triolet. Dans l'obscurité, il ressent la proximité de la mort, se confondant presque avec elle, témoin impuissant de la souffrance de l'être aimé. Le gémissement lancinant résonne en lui, le plongeant dans un abîme de désespoir et de douleur. Immobilisé par la terreur, il vit une nuit sans fin, où chaque instant semble être le dernier, où chaque bruit résonne comme un présage funeste. Malgré la peur qui le tenaille, il reste là, figé sur sa chaise, écoutant le silence grandissant, jusqu'à ce que le chant des pigeons annonce enfin l'aube, apportant un souffle d'espoir dans cette nuit de cauchemar.

Dans ce poème, Louis Aragon se remémore la terrible nuit de 1938 qu'il passa à veiller sa compagne et son inspiratrice, Elsa Triolet, gravement malade.

Toute une nuit j’ai cru tant son front était blême1
Tant le linge semblait son visage et ses bras
Toute une nuit j’ai cru que je mourais moi-même
Et que j’étais la main qui remontait le drap
Celui qui n’a jamais ainsi senti s’éteindre
Ce qu’il aime peut-il comprendre ce que c’est
Et le gémissement qui ne cessait de plaindre2
Comme un souffle d’hiver à travers moi passait
Toute une nuit j’ai cru que mon âme était morte
Toute une longue nuit immobile et glacé
Quelque chose dans moi grinçait comme une porte
Quelque chose dans moi comme un oiseau blessé
Toute une nuit sans fin sur ma chaise immobile
J’écoutais l’ombre et le silence grandissant
Un pas claquait parfois le pavé de la ville
Puis rien qu’à mon oreille une artère et le sang
Il a passé sur moi des heures et des heures
Je ne remuais plus tant j’avais peur de toi
Je me disais je meurs c’est moi c’est moi qui meurs
Tout à coup les pigeons ont chanté sous le toit.

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Notes :
1 – Blême : d’une blancheur maladive.
2 – Plaindre : se plaindre.


   

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