Synthèse : L’«Essai sur les moeurs et l'esprit des Nations» de Voltaire, fruit d’une gestation de plus de trois décennies, constitue une entreprise historiographique ambitieuse, dont la genèse est retracée ici. L'œuvre, publiée en 1756, s'inscrit en rupture avec la tradition bossuétienne, délaissant l’histoire universelle centrée sur l’Antiquité gréco-romaine et judaïque pour embrasser une perspective mondialiste. Voltaire y explore les civilisations chinoise, indienne et musulmane, tout en accordant une place prépondérante à l’histoire européenne.
L’auteur s’attache à déceler «l’esprit et les moeurs» des peuples, privilégiant une histoire de la civilisation, et délaissant les figures des souverains. Il met en lumière les dynamiques sociales, les avancées techniques et les croyances, tout en soulignant les contradictions inhérentes à l’humanité, tiraillée entre un «amour de l'ordre» et la folie des guerres et des fanatismes. L’Essai, malgré certaines imperfections, témoigne d’une volonté d’élucidation critique et d’une foi dans le progrès humain, invitant le lecteur à une réflexion sur le destin de l’homme.
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