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Verhaeren - Les Soirs - Le Moulin - analyses

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Synthèse : Le moulin, silhouette mélancolique, tourne lentement sous un ciel empreint de tristesse, ses voiles fatiguées évoquant une plainte silencieuse. Depuis l'aube, ses bras se lèvent et retombent, rythmant le silence d'une nature éteinte. Le jour hivernal s'endort sur les hameaux, tandis que les nuages, las de leurs voyages, s'accumulent au-dessus d'un horizon morne. Autour d'un étang, quelques huttes misérables se dressent, éclairées par une faible lueur de lampe de cuivre, projetant une lumière vacillante à travers leurs fenêtres. Dans cette plaine immense, les maisons, aux vitres hagardes, contemplent le moulin qui, las et mourant, continue son cycle immuable.

Le moulin tourne au fond du soir, très lentement,
Sur un ciel de tristesse et de mélancolie,
Il tourne et tourne, et sa voile, couleur de lie,
Est triste et faible et lourde et lasse, infiniment.

Depuis l'aube, ses bras, comme des bras de plainte,
Se sont tendus et sont tombés ; et les voici
Qui retombent encor, là-bas, dans l'air noirci
Et le silence entier de la nature éteinte.

Un jour souffrant d'hiver sur les hameaux s'endort,
Les nuages sont las de leurs voyages sombres,
Et le long des taillis qui ramassent leurs ombres,
Les ornières s'en vont vers un horizon mort.

Autour d'un vieil étang, quelques huttes de hêtre
Très misérablement sont assises en rond ;
Une lampe de cuivre éclaire leur plafond
Et glisse une lueur aux coins de leur fenêtre.

Et dans la plaine immense, au bord du flot dormeur,
Ces torpides maisons, sous le ciel bas, regardent,
Avec les yeux fendus de leurs vitres hagardes,
Le vieux moulin qui tourne et, las, qui tourne et meurt.

   

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