Baudelaire - Spleen et idéal - À Une dame créole - analyse
Le 25 mai 1845, la revue L’Artiste publie « À une créole », premier poème de Baudelaire publié sous son nom 1, qui deviendra finalement « À une Dame Créole ». Puis les publications se suivront, éparses au fil des années, jusqu’au premier ensemble de dix-huit poèmes Les Fleurs du Mal publié dans La Revue des deux Mondes, le 1er juin 1855 2.
Charles Baudelaire, comme on sait, fut reçu à l’île Maurice par M. Autard de Bragard. Ce riche Créole aux mœurs raffinées le pria d’écrire quelques vers en l’honneur de sa femme 3. Mais c’est à l’île Bourbon que ce sonnet fut composé. Le 20 octobre 1841, le poète l’envoyait à M. Autard, prenant la précaution de l’accompagner d’une lettre puisqu’il est « décent et convenable que des vers adressés à une dame passent par les mains de son mari avant d’arriver à elle ». Notons que cette dame créole exerça sur Baudelaire une vive séduction qu’il transféra par la suite à plusieurs de ses maîtresses.
Notes:
1 - Plus précisément Baudelaire Dufayis. Mais Charles Baudelaire avait d’abord laissé publier dans L’Artiste plusieurs sonnets sous le nom de son ami Alexandre Privat d’Anglemont.
2 - L’édition de 1861, d’où sont extraits les poèmes cités ici, sera plus étoffée.
3 - Les anecdotes devenues légendaires du passage du poète aux Mascareignes nourrissent encore l’imagination des créateurs. Ainsi, le théâtre Vollard, fondé à La Réunion par Emmanuel Genvrin, créa en 1997 une pièce intitulée "Baudelaire au Paradis" où apparaissent M. et Mme Autard de Bragard.