Synthèse : Publiées anonymement en 1747, les «Lettres d’une Péruvienne» de Madame de Graffigny, roman épistolaire monophonique, explorent la transformation de Zilia, jeune princesse inca, confrontée à la civilisation occidentale. À travers les lettres adressées à Aza, l’autrice critique les mœurs françaises, dénonçant l’incohérence des signes, qu’ils soient langagiers, économiques ou rituels, et pointant les travers de la société, notamment le rôle des femmes. L’œuvre, qui s’inscrit dans la lignée des «Lettres persanes» de Montesquieu, inverse le regard orientaliste, faisant du Nouveau Monde un prisme d’étonnement et de prise de distance. L’héroïne, par un processus d’acculturation et d’interprétation des codes, accède à une autonomie intellectuelle, tout en éclairant le statut des femmes françaises. L’esthétique de la sensibilité, qui préfigure les «Rêveries» rousseauistes, et la critique de la marchandisation des relations humaines, contribuent au succès de ce roman qui interroge les fondements de la société.
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