Synthèse : “Vendémiaire”, poème conclusif d’“Alcools”, s’offre comme une rédemption poétique, inversant la mélancolie de “Zone” pour célébrer la renaissance du poète et du monde. L’œuvre, initialement envisagée sous le titre “L’année républicaine”, s’inscrit dans une temporalité révolutionnaire, le mois de vendémiaire symbolisant la transformation et le renouveau. Apollinaire y opère une synthèse du réel et de l’imaginaire, convoquant Paris, les rivières et les villes du monde dans un chant d’ivresse et d’unité.
Le poète, tel un “gosier de Paris”, s’abreuve de l’univers, transcendant les limites du temps et de l’espace grâce à la technique du simultanéisme. Les rivières, métamorphosées, cessent leur cours fatal pour converger vers la gorge du poète, tandis que le détroit de Sicile, lieu de la mort, se mue en espace de joie. “Vendémiaire” célèbre ainsi la poésie comme un acte de dérèglement des sens, une ivresse créatrice qui transforme le monde et annonce l’aube d’une nouvelle ère.
Ce poème, qualifié d’hymne par André Billy, se révèle être une œuvre d’une ampleur inégalée, où l’automne, saison des vendanges, devient le symbole de la poésie elle-même, née de la mort et de la renaissance. Apollinaire, dans ce chant triomphal, exprime une préférence qui souligne l’importance de “Vendémiaire” dans l’ensemble de son œuvre, une œuvre où le poète, en buvant l’univers, ne cesse de se désaltérer.
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