Synthèse : L’ode de Ronsard, adressée à une destinataire féminine, explore la vanité de la beauté et la précarité du temps. Le poète projette un futur où la femme, vieillie, se remémorera les vers qui la célébraient autrefois, suscitant l’étonnement et l’admiration. Cette évocation mélancolique de la postérité, où le poète, réduit à l’état de «fantôme sans os», observe la femme regrettant son amour, souligne la fragilité de l’existence humaine. L’ultime injonction, «Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie», constitue une invitation à la jouissance immédiate et à la conscience de l’instant présent, face à l’inéluctable passage du temps.
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! »
Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! »
Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.