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Ronsard: Si c'est aimer, Madame, et de jour et de nuit... (madrigal)

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Ronsard: Si c'est aimer, Madame, et de jour et de nuit...

Synthèse : Ce poème, empreint d'une mélancolie assumée, explore les contours d'un amour passionnel et tourmenté. L'auteur, par une série d'interrogations rhétoriques, définit l'amour comme une expérience paradoxale, faite d'obsession, de sacrifice et de souffrance. L'amant se livre à une introspection douloureuse, où le désir de plaire à la femme aimée se heurte à l'impossibilité d'une réciprocité, exacerbant ainsi son désespoir. L'expression de cet amour, à la fois intérieur et dissimulé, révèle une lutte constante entre l'ardeur du sentiment et la pudeur du langage, illustrant la complexité des émotions humaines face à l'objet de leur affection. L'utilisation de la personnification et de la métaphore contribue à l'intensité dramatique du poème. L'amant se décrit comme «furieux», emporté par une passion fatale, dont il reconnaît l'inéluctabilité.

Si c'est aimer, Madame, et de jour et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit :

Si c'est aimer de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi-même, et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre, et me taire
Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit :

Si c'est aimer de vivre en vous plus qu'en moi-même,
Cacher d'un front joyeux une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite :

Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal !
Si cela c'est aimer, furieux, je vous aime :
Je vous aime, et sais bien que mon mal est fatal :
Le cœur le dit assez, mais la langue est muette.


   

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