La Princesse de Clèves et les "morales du Grand siècle"
Synthèse : La Princesse de Clèves, œuvre emblématique de Madame de La Fayette, s'inscrit dans la tradition cornélienne par ses valeurs aristocratiques et égocentriques. Les héros, tels que Mme de Chartres et M. de Clèves, sont guidés par l'orgueil et l'estime de soi, conditionnant leurs relations amoureuses. L'idéal amoureux, basé sur le mérite et la beauté, reflète une élite intellectuelle et sociale. Cependant, malgré les aspirations à l'idéal cornélien, les personnages se heurtent à l'impossibilité de concilier passion et devoir moral.
L'éducation cartésienne prônée par Mme de Chartres vise à maîtriser les passions par la connaissance de soi, mais se révèle inefficace face à l'irrésistibilité des émotions. La description de la passion renforce la connaissance de soi, mais conduit à une impasse lorsque la conscience des sentiments survient trop tard. Confrontés à la fatalité de la passion, les personnages se retrouvent pris au piège de leurs émotions, révélant la vanité des morales du XVIIe siècle.
La Princesse de Clèves se distingue de Racine par l'origine du sentiment amoureux, résultant d'un coup de foudre et d'une liberté de choix. L'absence de transcendance divine laisse les personnages face à l'absurdité de leurs tourments, les condamnant à une existence dépourvue d'espoir. Ainsi, le roman met en lumière la faillite des morales de l'époque, laissant les héros déchirés entre passion et devoir, sans issue autre que la résignation ou la mort.
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