H.1 : « La vie est là... simple et tranquille... » « La vie est là, simple et tranquille... » C’est de Verlaine, n’est-ce pas?
H.2 : Oui, c’est de Verlaine... Mais pourquoi?
H.1 : De Verlaine. C’est ça.
H.2 : Je n’ai pas pensé à Verlaine... j’ai seulement dit : la vie est là, c’est tout.
H.1 : Mais la suite venait d’elle-même, il n’y avait qu’à continuer... Nous avons quand même fait nos classes...
H.2 : Mais je n’ai pas continué... Mais qu’est-ce que j’ai à me défendre comme ça? Qu’est-ce qu’il y a? Qu’est-ce qui te prend tout à coup?
H.1 : Qu’est-ce qui me prend? « Prend » est bien le mot. Oui, qu’est-ce que qui me prend? C’est que tout à l’heure, tu n’as pas parlé pour ne rien dire... tu m’as énormément appris, figure-toi... Maintenant il y a des choses que même moi je suis capable de comprendre. Cette fois-ci, celui qui a placé le petit bout de lard, c’est toi.
H.2 : Quel bout de lard?
H.1 : C’est pourtant clair. Tout à l’heure, quand tu m’as vu devant la fenêtre... Quand tu m’as dit : « Regarde, la vie est là... la vie est là... rien que ça... la vie... quand tu as senti que je me suis un instant tendu vers l’appât...
H.2 : Tu es dingue.
H.1 : Non. Pas plus dingue que toi, quand tu disais que je t’avais appâté avec les voyages pour t’enfermer chez moi, dans ma cage... ça paraissait très fou, mais tu n’avais peut-être pas si tort que ça... Mais cette fois, c’est toi qui m’as attiré...
H.2 : Attiré où? Et avec quoi je t’ai cherché à t’attirer?
H.1 : Mais voyons, ne joue pas l’innocent... « La vie est là, simple et tranquille... »