H.2 : [...] Voilà... je vous présente... Je vous en prie... cela ne vous prendra pas longtemps... il y a entre nous un différent...
EUX : Oh, mais nous, vous savez, nous n’avons aucune compétence.
H.2 : Si, si, vous en avez... Plus qu’il n’en faut. Voilà de quoi il s’agit. Mon ami, là, un ami de toujours...
F. : C’est lui dont vous m’avez souvent parlé? Je me rappelle... quand il a été souffrant... vous étiez si inquiet...
H.2 : Oui, c’est lui... Et c’est pour ça justement que ça me fait tant de peine.
F. : Ne me dites pas qu’entre vous... après tant d’amitié... vous m’avez toujours dit qu’il a été, à votre égard...
H.2 : Oui, parfait. Je lui en suis reconnaissant.
F. : Alors pourquoi?
H.1 : Eh bien, je vais vous le dire : je lui ai, paraît-il, parlé sur un ton condescendant...
H.2 : Pourquoi le dis-tu comme ça? Avec cette ironie? Tu ne veux plus faire l’essai?
H.1 : Mais si mais si... Je le dis sérieusement. Je l’ai vexé... il s’est senti diminué... alors, depuis, il m’évite... eux, silencieux... perplexes... hochant la tête...
F. : En effet... ça paraît... pour le moins excessif... juste un ton condescendant...
H.3 : Mais vous savez, la condescendance, parfois...
H.2 : Ah? vous comprenez?
H.3 : Mais non, je n’irais pas jusqu’à ne plus revoir, mais...
H.2 : Mais, mais, mais... ah oui, vous voyez, vous pouvez me comprendre.
H.1 : Si, si, vous verrez, vous verrez... permettez-moi de vous exposer... Voilà... Il faut vous dire d’abord que jamais, mais vraiment jamais je n’ai accepté d’aller chez lui...
F. : Vous n’allez jamais chez lui?
H.1 : Mais si, voyons... qu’est-ce qu’il raconte?
H.2 : C’est pas de ça que je parle. J’allais le voir, le voir, c’est vrai. Mais jamais, jamais je ne cherchais à m’installer sur ses domaines... dans ces régions qu’il habite... Je ne joue pas le jeu là, vous comprenez.
H.3 : Ah, c’est ça que tu veux dire... Oui, c’est vrai, tu t’es toujours tenu en marge...
F. : Un marginal?
H.1 : Oui, si on veut. Mais je dois dire qu’il a toujours gagné sa vie... il n’a jamais rien demandé à personne.
H.2 : Merci, tu es gentil. Mais où en étions-nous? Ah oui, c’est ça, il vous l’a dit : je me tiens à l’écart. Il est chez lui. Moi je suis chez moi.
F. : C’est bien normal. Chacun sa vie, n’est-ce pas?
H.2 : Eh bien, figurez-vous qu’il ne le supporte pas. Il veut à toute force m’attirer... là-bas, chez lui... il faut que j’y sois avec lui, que je ne puisse pas en sortir... Alors il m’a tendu un piège... il a disposé une souricière.