Rabelais - Gargantua - Chapitre 21 - analyse
SynthĂšse : Lâextrait, tirĂ© de _Gargantua_, met en lumiĂšre lâĂ©chec cuisant de lâĂ©ducation sophistique prodiguĂ©e au jeune gĂ©ant. AprĂšs des annĂ©es dâĂ©tude infructueuses, Grandgousier constate lâabrutissement de son fils, signe de lâinefficacitĂ© dâun enseignement fondĂ© sur la passivitĂ© et lâabsence de mĂ©thode. Rabelais, par la bouche de Ponocrates, dresse un constat accablant, rĂ©vĂ©lant une absence totale de discipline physique et intellectuelle.
Lâauteur dĂ©peint un Gargantua livrĂ© Ă ses instincts, nĂ©gligeant lâhygiĂšne et la santĂ©, sâempiffrant sans vergogne, justifiant ses excĂšs par les prĂ©ceptes fallacieux de ses anciens maĂźtres. Sur le plan intellectuel, lâĂ©ducation se rĂ©duit Ă une pratique religieuse formelle, dĂ©pourvue de sens et de comprĂ©hension, oĂč la mĂ©morisation mĂ©canique supplante lâeffort de rĂ©flexion. LâĂ©tude, rĂ©duite Ă une « mĂ©chante demi-heure », est parasitĂ©e par lâoisivetĂ© et lâinattention, Gargantua ayant « lâĂąme dans la cuisine ».
Par lâexagĂ©ration des proportions, lâemploi dâun lexique grossier et lâaccumulation dâĂ©numĂ©rations, Rabelais livre une satire acerbe de lâĂ©ducation mĂ©diĂ©vale, dĂ©nonçant les lacunes dâune pĂ©dagogie qui ignore les besoins du corps, de lâesprit et de lâĂąme. Ce passage prĂ©figure ainsi la nĂ©cessitĂ© dâune nouvelle approche, plus holistique et humaniste, qui sera explorĂ©e par la suite dans lâĆuvre.
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